Une caméra thermique à l’entrée d’un lycée pour « anticiper des symptômes »

Une caméra thermique à l’entrée d’un lycée pour « anticiper des symptômes »
Un élève de seconde vérifie sa température grâce à la caméra thermique installée dans son lycée de Saint-Genis-Laval (Rhône). — Jérémy Laugier/20 Minutes
    • Auvergne-Rhône-Alpes est la seule région en France misant, en plein contexte de pandémie de coronavirus, sur des caméras thermiques pour permettre aux lycéens de connaître leur température.

 

    • Laurent Wauquiez a présenté ce dispositif ce mardi matin, pour la rentrée du lycée René Descartes de Saint-Genis-Laval (Rhône).

 

Une file d’une cinquantaine de jeunes curieux s’est soudainement formée, ce mardi vers 9 heures, dans le sas d’entrée du lycée René Descartes à Saint-Genis-Laval (Rhône). Face à la pandémie de
coronavirus, une petite caméra thermique y a en effet été installée pour la rentrée scolaire afin de permettre aux lycéens le souhaitant de découvrir leur température « de manière infaillible ».

« La caméra recherche votre front pour vous indiquer votre température en une seconde, explique Franck Zulian, PDG de Stackr, société basée dans l’Ain fournissant cette caméra. Si celle-ci est au-dessus de 37,5°C, vous êtes alerté. Vous devez prendre une deuxième mesure une minute plus tard puis vous soumettre au protocole sanitaire d’isolement mis en œuvre par l’Education nationale si le résultat se confirme. »

Etablissement test

Comme un lycée professionnel à Clermont-Ferrand et une maison familiale rurale (MFR) à Morestel (Isère), le lycée René Descartes (1.600 élèves au total) sert d’établissement test pour la région Auvergne-Rhône-Alpes, la seule à expérimenter ce dispositif en France.

« Je pense que j’irai prendre ma température une fois par semaine grâce à cette caméra, indique Maude (15 ans), qui a constaté qu’elle n’était pas fiévreuse pour son premier jour dans la peau d’une lycéenne. Je n’aurai pas forcément le temps d’y aller plus souvent. C’est en tout cas une rentrée bizarre après six véritables mois de vacances, de coupure intégrale avec les cours. »

La prise de température frontale « contre-nature »

Abdellah (15 ans), guère tenté par cette technologie pour sa part, estime que « le contexte Covid-19 ternit l’image qu’on se faisait depuis longtemps de notre futur au lycée ». Le proviseur de l’établissement de Saint-Genis-Laval Eric Dupraz compte justement sur cette caméra thermique pour assurer une continuité à cette année scolaire s’annonçant si particulière. « En tant que physicien de formation, je réfléchissais à prendre la température frontale de tous les élèves, confie-t-il. Il aurait fallu mobiliser une trentaine de personnes et ça aurait duré au moins 12 minutes chaque matin. Et puis le simple fait de pointer quelque chose contre un jeune est selon moi contre-nature. »

Laurent Wauquiez s’est exprimé ce mardi devant 560 élèves de seconde du lycée René Descartes à Saint-Genis-Laval (Rhône). – Jérémy Laugier/20 Minutes

C’est pourquoi il s’est vite porté candidat lorsque la région Auvergne-Rhône-Alpes a évoqué auprès de lui cette initiative. « Il est essentiel de ne pas contraindre les élèves à aller prendre leur température ainsi, précise Eric Dupraz. De même, il fallait que ça soit compatible avec le règlement général sur la protection des données (RGPD) et c’est bien le cas. A nous de bien gérer le flux vers ce sas les matins et de faire comprendre aux élèves que ça peut les rassurer et non leur rajouter du stress. »

« Les données sont totalement anonymes »

Présent ce mardi à Saint-Genis-Laval, le président de la région Laurent Wauquiez a tenté d’en faire de même en prenant la parole devant 560 élèves de seconde : « Ce test est une expérience unique en France. L’objectif est d’anticiper les premiers symptômes. C’est votre décision de le faire ou non et les données sont totalement anonymes. »

Face aux médias, Laurent Wauquiez rappelle qu’il tient à ce que cette expérimentation reste « sur la base du volontariat ». « On se laisse trois semaines de test sur les trois établissements avant de proposer une généralisation de ce plan d’action ou non, précise l’élu LR. Il vaut mieux agir avant un cluster plutôt qu’après. En tout cas, il n’y aura pas de contrainte budgétaire pour la protection de nos élèves. »

Gratuite dans les trois établissements test, cette caméra thermique coûte sinon 5.000 euros, et le double pour celle, plus grosse, qui permet jusqu’à 30 passages simultanés par seconde. Afin d’éviter la propagation du coronavirus, une autre particularité de la caméra thermique de Stackr pourrait bientôt être envisagée dans la région. « Il est possible d’avoir un système connecté, qui donnerait à la fin de chaque journée des statistiques au proviseur quant à l’évolution des températures élevées constatées », suggère Franck Zulian.

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